|
Née
à Paris, durant la seconde guerre mondiale, Chantal Chawaf
a étudié les lettres classiques et l'histoire de l'art à l'Ecole
du Louvre, a voyagé et séjourné quelques années en Europe,
au Proche-Orient et en Amérique du Nord .
En
1974, Chantal Chawaf publie son premier livre au sein des
toutes nouvelles Éditions des Femmes, créées par Antoinette
Fouque dans le cadre du MLF, le mouvement féministe en France.
Le
premier récit de Chantal Chawaf, "Retable : la rêverie", inaugura
ce que la critique de l'époque appela l'écriture féminine
(aux côtés d'Hélène Cixous, Catherine
Clément, Julia Kristeva et Luce Irigaray). Les livres
de cette période sont aussi "Cercœur" (1975) et
"Maternité" (1979). À travers son œuvre, Chawaf
explore les thèmes de la relation mère-fille, du couple, de
la violence de la guerre et de la folie, et utilise le potentiel
du langage et de l'écriture pour libérer la partie non verbalisée
du corps et de la féminité, et donner ainsi voix à l'expérience
directe intime d'une façon rarement abordée en littérature.
Dans
les années 90, le terme d'autofiction a été utilisé
pour qualifier une partie de son oeuvre ("Le Manteau
noir").
Chantal
Chawaf est l'écrivain du retour à la naissance à partir duquel
se crée un langage neuf sur la vie, ce qui représente une
nécessité au moment où les biosciences bouleversent les perspectives.
Cet engagement pour la vie débouche dans les oeuvres des années
2000 sur une écocritique de notre société ("Mélusine
des détritus").
Elle
a beaucoup voyagé aux Etats-Unis, où elle est traduite et
étudiée dans les universités. Elle est l'auteur de nombreux
romans, et aussi d'une pièce de théâtre et de deux essais
sur l'écriture du corps, ainsi que de collaborations (Avec
Régine Deforges, avec Adonis).
Elle
dirige par ailleurs depuis 2000 une collection chez un éditeur
parisien.
"Tous
les écrivains m'ont nourrie, oui, tous, la littérature
m'a nourrie, mais pas seulement elle, la peinture, le cinéma,
la musique, l'architecture, les sciences humaines me nourrissent,
et puis d'abord la vie, les êtres, les paysages. Mon
auteur favori reste Dostoievski : ce monde de l'intériorité
d'un social dont la pathologie n'est jamais séparée
du corps par le romanesque mais en est au contraire éclairée.
Sinon, sont toujours présents dans une rumeur, Faulkner,
Racine, Shaekespeare, Daphné du Maurier, les contes
de Perrault, Rimbaud, Balzac, P, Charlotte et Emily
Brontë, Chrestien de Troyes, Madame d'Aulnoy, Villon,
Racine."
|