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La
vallée incarnate
Editions Flammarion,
1984 |
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Première
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I-
Le lac
Dans l'envie qui n'ose pas naître, seulement se décomposer,
ses cheveux frisent, murs bruns de cheveux, murs de sa tête
séparée du corps, prison dans laquelle elle avale les
nuits, les jours, à la pointe du dépit où les
pulsions ondulent, se dessinent, irradient, s'écoulent dans
l'intestin et dans le sang, troublent les fonctions du corps par ces
élans, par ces lumignons, par ces flammes, par cette trajectoire
qui tournent, tournoient, cherchent à s'élever pour
éclairer l'intérieur où la volonté ne
transforme plus les zones nocives, où la vie emmagasine la
mort fabriquée dans les cellules, où quelqu'un se sépare
de soi, sent ramper les stries, où chaque goutte, à
peine entrée dans la pensée, est saisie par le cur,
se dépose sur une émotion infinie, monte dans la fièvre,
pénètre toute la masse de la chair, toute la chevelure,
dans l'aridité des reins, des seins où ne coule plus
la vie, dans cette montée où la saturation pousse la
femme à penser à faire n'importe quoi pour tenter d'échapper
à son anxiété, aux idées qui l'emportent,
qui reparaissent, qui viennent se heurter contre le barrage, contre
la peur.  |
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Descriptif |
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Une femme enceinte est mise au monde, lentement, par l'homme qui l'aime. Ici, le
risque et le danger ne sont pas représentés par la mort mais par la vie dont la
gestation bouleverse ces prisonniers d'un monde en train de mourir.
ce qui pourrait être un roman policier, une histoire d'amour ou encore
l'évocation du déclin d'une société devient voyage à travers les pulsions
chatoyantes et ténébreuses, fusion lyrique des contraires, aventures des forces
élémentaires.
Au terme de ce texte haletant, tonifiant et charnel, l'angoisse et la cruauté
auront été maîtrisées par l'élaboration progressive d'un langage de la vie à la
douceur incomparable. |
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